Grand Livre

Numérotation non croissante dans un FEC : remettre les écritures dans l'ordre

Mis à jour le 11 octobre 2026

Dans un FEC, les numéros d'écriture doivent augmenter au fil du fichier. Quand une écriture porte un numéro plus petit qu'une écriture placée avant elle, la séquence est inversée. La cause est rarement une manipulation : c'est le plus souvent un tri d'export inadapté ou une numérotation qui repart à zéro chaque mois.

Avertissement Contrôle « Numérotation des écritures non croissante »

Les écritures doivent être numérotées chronologiquement, de manière croissante, sans rupture ni inversion.

Correction : Vérifiez le tri de l'export et la séquence de numérotation du logiciel.

BOI-CF-IOR-60-40-20 § 40

Ce que signifie l’erreur

Le BOFiP demande que les écritures soient « numérotées chronologiquement de manière croissante, sans rupture ni inversion dans la séquence » (BOI-CF-IOR-60-40-20, § 40). Il illustre la règle par un exemple simple : les écritures 1 à 18 sont datées du 1er janvier, les écritures 19 à 35 du 2 janvier. Le numéro suit le temps.

Le validateur lit les écritures dans l’ordre où elles apparaissent dans le fichier et vérifie que chaque numéro est supérieur ou égal au plus grand numéro déjà rencontré dans la même séquence. Une séquence correspond :

  • à tout le fichier si la numérotation est globale ;
  • à chaque journal si un même numéro apparaît dans plusieurs journaux, ce que le BOFiP admet (§ 100) ;
  • à chaque préfixe pour les numéros alphanumériques (VT00012, AC00045).

Pour chaque inversion, le rapport indique le journal, le numéro et le numéro qui le précède, par exemple « N° 41 après le n° 57 ».

Un exemple dans un fichier FEC

Une numérotation globale, mais un export trié par journal puis par numéro :

JournalCode EcritureNum EcritureDate EcritureLib
AC 2 20260105 Facture Orange
AC 5 20260112 Facture EDF
AC 57 20260330 Facture Bureau Vallée
BQ 1 20260103 Prélèvement assurance
BQ 3 20260108 Virement client Dupont

Les écritures AC 2, 5 et 57 se suivent correctement, mais la banque commence ensuite à 1 : BQ 1 et BQ 3 sont signalées comme inversées, puisqu’elles suivent l’écriture 57. Ici, aucune écriture n’est fausse ; c’est l’ordre du fichier qui ne correspond pas à la numérotation.

D’où vient l’inversion

  • Un export trié par journal alors que la numérotation est commune à tout le fichier, comme dans l’exemple.
  • Une numérotation mensuelle : la séquence repart à 1 chaque mois. Le validateur voit des inversions à chaque changement de mois. Ces numéros en double fusionnent aussi plusieurs écritures en une, ce qui fait souvent apparaître des écritures déséquilibrées ou éclatées.
  • Un numéro attribué à la saisie plutôt qu’à la validation, quand l’export trie par date de validation : une écriture saisie tôt mais validée tard porte un petit numéro et arrive en fin de fichier.
  • Des à-nouveaux saisis en cours d’exercice puis renumérotés pour figurer en tête, ou l’inverse.
  • Un import d’écritures depuis un autre outil, qui conserve ses propres numéros.
  • Un fichier retouché dans un tableur : un tri sur une autre colonne suffit à désordonner la séquence.

Comment corriger

  1. Regardez la première inversion du rapport : elle donne souvent la clé. Si elle tombe au changement de journal, c’est le tri de l’export ; au changement de mois, c’est la numérotation mensuelle.
  2. Corrigez le tri de l’export pour qu’il suive l’ordre de validation, puis le numéro d’écriture.
  3. Si la numérotation repart à zéro chaque mois, il faut une numérotation continue sur l’exercice. Selon le logiciel, l’export FEC peut recalculer un numéro continu ; sinon, le paramétrage du logiciel doit être revu, idéalement dès l’ouverture de l’exercice.
  4. Si la numérotation est propre à chaque journal, signalez-le dans le descriptif qui accompagne la remise du fichier, comme le demande le BOFiP (§ 100).
  5. Réexportez et relancez le validateur FEC.

Est-ce grave ?

Le contrôle est classé en avertissement : le format du fichier est respecté, mais une séquence inversée contredit l’exigence d’une numérotation chronologique. Quand l’inversion vient du tri de l’export, elle se corrige en quelques minutes et ne dit rien de la qualité de la comptabilité. Quand elle vient de la numérotation elle-même, elle mérite plus d’attention : le vérificateur s’appuie sur la séquence des numéros pour s’assurer qu’aucune écriture n’a été insérée après coup.

Ce contrôle va souvent de pair avec celui de l’ordre chronologique de validation : un fichier bien trié satisfait généralement les deux.

Questions fréquentes

Mon logiciel numérote les écritures par mois. Est-ce un problème ?

Pour le FEC, oui. Le fichier couvre l'exercice entier et la numérotation doit être croissante dans le temps sur cet exercice, unique pour le fichier ou propre à chaque journal. Une séquence qui repart à 1 chaque mois produit des inversions et, pire, plusieurs écritures portant le même numéro dans le même journal.

Le validateur compare-t-il les numéros de tous les journaux entre eux ?

Seulement si la numérotation est globale. Dès qu'un même numéro apparaît dans deux journaux, le validateur considère que chaque journal a sa propre séquence et compare les numéros au sein de chaque journal. Les numéros à préfixe (VT00012) sont comparés préfixe par préfixe.

Combien d'inversions sont signalées pour une seule écriture mal placée ?

Le validateur compare chaque numéro au plus grand numéro déjà rencontré dans la même séquence. Une écriture au numéro trop élevé placée trop tôt fait donc signaler toutes les écritures suivantes de numéro inférieur. Corriger la première suffit souvent à faire disparaître les autres.

Puis-je simplement trier le fichier par numéro dans un tableur ?

C'est à éviter : vous risquez de casser l'ordre chronologique de validation, de mélanger les lignes d'écritures ou d'abîmer les montants. Corrigez le paramétrage de l'export ou la numérotation dans le logiciel, puis réexportez.

Sources

Autres erreurs FEC

Grand Livre
Un logiciel de comptabilité gratuit pour les TPE au réel, qui produit un FEC conforme à tout moment. Créer mon dossier

Ces explications reprennent l'article A47 A-1 du LPF et les pratiques courantes. Seul l'outil Test Compta Demat de la DGFiP fait foi, et elles ne remplacent pas l'avis de votre expert-comptable.